


Les enfants, par groupe de 6, s’avancent en silence sur les passerelles suspendues. La montée s’effectue doucement, première passerelle, premier pupitre de lecture, premier cône d’observation.
« Ahou ! » « Allez, on y va », « Ah, c’est impressionnant ! ».
Sur la plate-forme, Alaïs, 8 ans, commence la lecture de l’histoire de la forêt de Rambouillet à ses petits camarades. Puis c’est reparti. Les élèves prennent bien soin de respecter les consignes de sécurité et Valentin, 9 ans, veille : « maximum 6 personnes sur la
passerelle 2 ».
| « C’est quoi un puits de lumière ? » demande Nicolas, 10 ans à la lecture d’un pupitre. |
Progressivement, les sentiers prennent de la hauteur et les enfants voient la végétation se densifier. Ils prennent de l’assurance et gagnent en témérité se laissant séduire par cette proximité avec les cimes.
« C’est beau ! ».
Passerelle suivante, les enfants arrivent au cœur de l’arbre, en plein milieu du feuillage,
« C’est génial ! » lance un enfant. Valentin reconnaît les feuilles de chêne, il arrive même à distinguer la feuille du chêne pédonculé de celle du chêne sessile mais reste muet devant un charme.
| « Oh un écureuil », crie un enfant. En réalité, c’est simplement son nid que les enfants aperçoivent, mais c’est une vraie révélation. Qui aurait imaginé que l’écureuil puisse construire un nid comme les oiseaux ? |
Les enfants prennent le temps d’écouter la forêt, de la toucher, de s’arrêter, de regarder en bas, en haut. C’est ainsi qu’ils (re)découvrent les écorces verdâtres des gros chênes.
« Pourquoi l’écorce du chêne qui était verte tout à l’heure est plus blanche sur celui-ci ? »
« C’est quoi une futaie ? » « Pourquoi cet arbre est blanc ? » « Parce que c’est un bouleau » répond un enfant plus âgé. « Que deviennent les déchets laissés en foret, sont-ils nocifs pour les racines de l’arbre ? » « C’est quoi ? » Demande Valentin en désignant le lichen. L’étonnement n’est jamais loin et les questions fusent.
Nicolas examine une branche coupée et tente de compter le nombre de cercles pour en déterminer l’âge, Laetitia et Alexandra, 11 ans, touchent les traces de galeries creusées par des insectes tandis que d’autres découvrent les fruits de l’alisier, invisibles depuis le sol.
| « Ça sent le champignon » dit Nejma, une des animatrices. Les enfants inspirent bruyamment cherchant à reconnaître cette odeur parmi les senteurs de la forêt et du haut des passerelles, ils scrutent le sol à la recherche des champignons. Pas de champignon en vue mais des restes d’arbre mort et de très jeunes pousses qui deviendront peut-être de grands arbres. |
Les enfants et leurs accompagnatrices redescendent au sol après presque une heure et demie de balade. Premières impressions :« Je suis un peu frustrée parce que je n’ai pas eu le temps de tout lire. » « Alors moi j’ai adoré » lance Nejma l’animatrice, « c’est très intéressant même si en groupe on n’a pas le temps de tout expliquer, les enfants sont conquis par l’aspect ludique et éducatif. » « J’ai beaucoup aimé » déclare Alaïs « surtout les nids, les champignons et le sanglier. » Laetitia a trouvé amusant d’être en haut car « on regarde davantage vers le bas. » « Ça change, on voit la forêt différemment » dit Alexandra. « Moi j’ai aimé la fourmilière car c’est la première fois que j’en vois » dit Alaïs. « Trop bien ! » déclare Nicolas
« parce qu’on est hauteur et que ça bouge. » « Le fait d’être en haut permet de voir le haut des arbres de plus près » dit Valentin. Et quand on leur demande ce qu’ils ont moins aimé aujourd’hui, ils répondent tous en cœur « rien ». Seul Arthur lève la main : « Moi ce que j’ai le moins aimé c’est… Le car pour venir jusqu’ici !»
Merci à Valentin, Nicolas, aux Arthur, à Alaïs, Laetitia, Alexandra et tous les autres...

Photographies publiées avec l'aimable autorisation des enfants et de leurs parents